Habiter, et non simplement occuper
Nous changeons de logement, nous déplaçons des meubles, nous accrochons des cadres.
Et pourtant, il nous arrive de vivre quelque part sans vraiment y être.
Occuper un lieu et l’habiter ne sont pas la même chose.
Occuper, c’est être là sans y être
On peut traverser ses journées dans un appartement comme on traverse un couloir.
Le lieu sert : il abrite, il range, il protège.
Mais il reste extérieur à nous. C’est une relation utile, et parfois cela suffit.
Seulement, quelque chose manque souvent : le sentiment d’être vraiment chez soi.
Habiter demande du temps
Dans mon expérience, on n’habite pas un lieu le jour où l’on y pose ses valises.
On l’habite peu à peu.
À force d’y revenir, d’y prendre des habitudes, d’y laisser des traces, un lieu finit par nous ressembler. Il se charge de souvenirs et de gestes familiers.
Ce n’est pas une affaire de style. C’est une affaire de présence répétée.
L’attention, plus que la décoration
On croit souvent qu’un lieu se transforme en achetant.
Je crois plutôt qu’il se transforme d’abord en le regardant.
Prendre le temps de remarquer où entre la lumière le matin, quel coin on évite, quel fauteuil on choisit toujours : c’est déjà commencer à habiter. L’attention coûte peu et change beaucoup.
Des gestes simples
Pour commencer, rien de compliqué :
- s’asseoir quelques minutes dans chaque pièce, sans rien faire
- remarquer ce qui apaise et ce qui gêne
- déplacer une seule chose, et observer l’effet que cela produit sur soi
Ce sont des observations personnelles, pas des règles. Chacun ressent son espace à sa manière, et c’est très bien ainsi.
Conclusion
Habiter, c’est accepter qu’un lieu nous accompagne, plutôt que de simplement nous contenir.
Cela ne demande ni budget ni méthode particulière.
Seulement un peu d’attention, et un peu de temps.
Yannick Costechareyre

